Entretien avec Laura, trader de l’année à la bourse de Milan

Longtemps, le monde de la finance était exclusivement la chasse gardée des hommes. Les rares femmes qui parvenaient à se faire une place dans le secteur restaient dans l’ombre. Aujourd’hui, les temps changent : la gent féminine commence tout doucement à s’imposer dans l’univers de la bourse et du trading. C’est notamment le cas de Laura, la trentaine et d’origine canadienne, élue trader de l’année à la bourse de Milan. Nous nous sommes entretenues avec la jeune femme pour en savoir plus sur sa place de femme en tant que trader professionnelle.

Qu’est-ce qui vous a décidé à devenir trader ?

J’ai commencé à m’intéresser au trading quand j’étais au lycée. Le père de ma meilleure amie en faisait une activité occasionnelle.

Il lui arrivait d’en parler quand j’étais invitée à dîner chez eux. Je me souviens que j’étais la seule à m’intéresser à ce qu’il racontait [sourire]. J’ai toujours détesté l’idée d’une vie et d’un travail monotone, tous les jours pareils. Le trading, la bourse… pour moi, ces mots sonnaient comme des promesses d’aventures, de surprises au quotidien. Je ne suis pas déçue !

Parlez-nous un peu de votre parcours

Après le lycée, j’ai fait des études de commerce. En parallèle, je me suis documentée comme j’ai pu sur le secteur de la bourse, le métier de trader… J’ai renforcé mes connaissances en maths et informatiques… Au début, ce n’était pas évident : mon entourage était très sceptique quant à mes chances de réussir. Comment une femme pourrait parvenir à se faire une place dans l’impitoyable monde de la finance ? me disaient-ils. Mais je me suis accrochée, je suis allée au devant des personnes qui pourraient me conseiller et m’aider à atteindre mon but. Et me voilà.

Avez-vous été victime de discrimination en tant que femme ?

Je n’aime pas trop m’étaler sur le sujet, mais oui, le monde de la bourse et du trading est assez dur envers les femmes. Les remarques sont parfois très blessantes, les blagues sexistes… certains collègues ont des comportements déplacés, parfois totalement irrespectueux. Il faut être forte si on veut vraiment rester jusqu’au bout et se faire un nom dans le métier. Il ne faut pas se laisser abattre.

Comment parvenez-vous à concilier travail et vie de famille ?

Ce n’est pas toujours évident ! Le trading est un métier parfois très prenant. Il m’a fallu du temps pour réussir à m’organiser correctement dans ma vie personnelle et professionnelle. J’ai surtout de la chance d’avoir un mari et des enfants très compréhensifs, une famille formidable.

Un petit mot pour les femmes qui envisagent le métier de trader ?

Si c’est votre rêve, lancez-vous ! C’est vrai que le chemin est un peu plus rude pour les femmes, mais c’est justement ce qui fait le charme du métier. Pour ma part, je n’ai aucun regret et je suis fière du chemin parcouru jusqu’ici. Tout ce qu’il faut c’est beaucoup de force et de volonté.